LE PUY NOTRE DAME
Le monument dressé après la guerre de 1939/1945
(ancienne place de la paleine)
Inauguration du monument à Jules Raimbault

A l'occasion de la cérémonie du 8 mai, j'ai ressorti un article que j'avais rédigé il y a plusieurs années
Je vous le rappelle
L'histoire nous dit que la première guerre mondiale fut une catastrophe
et un véritable carnage humain, beaucoup plus que la guerre 1939/1945
Au Puy notre Dame, cela s'est vérifié car de 66 décès on en compte 3 identifiés sur le monument aux morts
Parmi ces 3 combattants ou résistants, Jules Raimbault va plus particulièrement attirer notre attention
Il sera déporté pour avoir caché des armes dans une cave à champignon
Tout le réseau de résistance saumurois tombera également.
Un monument sera élevé en son honneur sur la place qui porte aujourd'hui son nom
On peut trouver dans le Courrier de l'Ouest du 25 septembre 1946,
le compte rendu de l'érection du monument en hommage à Jules Raimbault
qui s'est faite le dimanche 22 septembre 1946 (soit 3 ans presque jour pour jour) après son arrestation.
Je n'ai retrouvé que la délibération concernant la place de la Paleine remplacée par la dénomination place "Jules Raimbault"
Dans la Nouvelle République du 10 octobre 1946,
René Marnot, ancien résistant, s'interroge sur le fait qu'à Saumur,
aucun monument n'existe en mémoire des résistants-déportés,
alors qu'il en existe à Montreuil-Bellay, Fontevraud, Saint-Martin-de-la-Place, la Bohalle et..
au Puy-Notre-Dame.
Je vous donne connaissance de l'article du Courrier de l'ouest qui demeure un document exceptionnel

Texte exact du courrier de l'ouest peu lisible littéralement transcrit
"Ce dimanche 22 septembre, une grande cérémonie du souvenir à un héros de la résistance, mort en déportation, était organisée au Puy Notre Dame
Dès 15 heures, un rassemblement était effectué en face de la mairie.
Outre M. Capifali, sous-préfet de Saumur, nous avons remarqué la présence de MM le commandant de gendarmerie Royer, ancien capitaine de gendarmerie de Saumur, chef de la Résistance, déporté et actuellement exercant ses fonctions à Orléans; Civrais, maire du Puy Notre Dame, conseiller général; E.Deschamps, président du comité de Libération de Montreuil Bellay; Coiffard, chef F.F.I.; Letort ancien brigadier de gendarmerie à Montreuil Bellay, Marnot, Pelon, P.Deschamps, Melle Coste, ainsi que de nombreux anciens déportés de la Résistance; capitaines Quinslot et Pierre, chefs F.F.I.;MM Charier Louis, maire de Montreuil Bellay; Mmes Amy, Bidault, Ardry et Bonnefond, femmes des déportés politiques de Montreuil Bellay; MM Lorette et Beguier, membre du comité de Libération; une délégation de l'amicale des Réfractaires de Montreuil Bellay, le conseil municipal du Puy.
La musique du Puy Notre Dame prêtait son concours à cette manifestation.
Un défilé fut organisé après le rassemblement groupant les pompiers du Puy Notre Dame, la musique, une délégation des brigades de gendarmerie, la famille de M.Raimbault, les anciens Combattants, les Prisonniers et déportés, les enfants des écoles, l'amicale des Réfractaires du Puy Notre Dame, ainsi que de nombreux amis de M.Raimbault.
Sur la place de la Paleine, qui portera désormais le nom d'un grand Français, Jules Raimbault, la musique joua la sonnerie "Au Drapeau" et le monument qui jusqu'alors était voilé, fut découvert et l'on put lire :

"A la mémoire de Jules Raimbault, 10 mars 1903 -15 juillet 1944, déporté politique, mort pour la patrie"
Le résistant dépositaire d'armes parachutées destinées à la Libération de la France a été arrêté par la Gestapo, le 20 septembre 1943, pour être déporté en Allemagne et interné au camp de Mauthausen où il succombait aux privations et mauvais traitements, le 15 juillet 1944
De nombreuses gerbes furent déposées par MM Civrais, maire du Puy Notre Dame; Royer, commandant de gendarmerie; Marnot, ancien déporté politique et Capifali, sous préfet de Saumur
La musique du Puy exécuta la "Marseillaise" et un défilé ramena les personnalités à la Mairie où un vin d'honneur fut servi dans la salle des fêtes, après la dislocation du cortège.
Jules Raimbault

Jules Raimbault était champignonniste au Puy Notre Dame, homme affable, loyal et prêt à rendre service, il était bien estimé.
Il fut mobilisé au début des hostilités dans l'artillerie, il était maréchal des logis; il réussit à rentrer dans ses foyers peu de temps après l'invasion du territoire.
Ses sentiments ont toujours été animés du plus pur patriotisme, aussi quand vers la fin de juillet 1943, M.Civrais, maire du Puy Notre Dame et Letort, chef de brigade de gendarmerie de Montreuil Bellay, vinrent lui demander s'il pouvait cacher les armes parachutées dans le coin, il n'eut pas un moment d'hésitation et il répondit oui.
Dans la nuit le transport eut lieu.Lui-même transporta de la cour à sa cave, avec ses chevaux et son personnel, tout le matériel.
Il fut arrêté le 20 septembre 1943, le même jour que Pierre Deschamps et Marcel Hervot de Montreuil Bellay, ils se trouvaient tous les trois attachés dans le même camion et les armes et les parachutes s'y trouvaient également.
La veille avait été arrêté M.Renard, sous directeur du camp de nomades de Montreuil Bellay
L'attitude de Raimbault, détenu au Pré Pigeon jusqu'à sa mort, fut empreinte de dignité, malgré ses souffrances il n'a jamais indiqué que ses employés avaient aidé au déchargement des armes
Le héros qui est à la gloire aujourd'hui, est bien digne de cette manifestation, il a donna sa vie pour sauver la liberté dont nous jouissons aujourd'hui et que nous considérons comme notre plus grande richesse
Il est à remarquer qu'à l'endroit où est érigé le monument à la mémoire de Jules Raimbault, se trouvait il y a quelques cent ans une chapelle surnommée la chapelle de la Pitié"
Jacques Sigot, historien de Montreuil Bellay, a fait de nombreuses recherches sur cet événement
Il édité un livre de ses recherches
Je vous livre son analyse intéressante
La triste histoire d'un réseau Buckmaster en Anjou
Cette page est rédigée à la suite de l’hommage rendu au Puy-Notre-Dame (Maine-et-Loire) à Jules Raimbault le 11 novembre 2013.
Dans ses caves, au Puy-Notre-Dame, fut cachée une partie des armes parachutées par les alliés en juillet 1943.
Si, pendant très longtemps, les sources de sa dénonciation ont été controversées – voir Le Courrier de l’Ouest du 13 novembre 2013 – nous ne pouvons plus le dire maintenant, après de longues années d’enquête et la découverte des archives de la Gestapo.
C’est vrai qu’il a été longtemps dit, et je l’ai moi-même entendu au début de mes recherches, que les hommes qui avaient réceptionné les armes avaient été arrêtés parce que, dans l’euphorie de la réussite ou sous l’emprise de la boisson, ils s’en étaient vanté aux Allemands. Il n’en fut rien, et l’on peut aujourd’hui reconstituer une chronologie du drame vécu par Jules Raimbault et ses camarades.
Tous faisaient partie d’un réseau Buckmaster, comme il y en avait quasiment dans chaque département. Celui du Saumurois s’appelait Aristide Buckmaster, pour les différencier, les réseaux ayant emprunté le prénom de leur chef ; Aristide pour Aristide Royer, capitaine de gendarmerie à Saumur, pour celui qui nous intéresse. Entre La Flèche et Le Mans (Sarthe), sur le bord de la route à la sortie de Cérans-Foulletourte, un monument rend hommage aux victimes du réseau Hercule-Sacristain Buckmaster.
Constitués au printemps 1943, ces réseaux anglais recrutaient des hommes – généralement des notables, comme Gaston Amy, l’ancien maire de Montreuil-Bellay, des commerçants ou des chefs d’entreprise – à qui l’on demandait de réceptionner des armes parachutées par les alliés, armes qui devaient être cachées jusqu’au débarquement.
Dans le Saumurois, le parachutage eut lieu le soir du 13 juillet, et les conteners tombèrent dans des rangs de vigne à Montfort, derrière la ferme des Vitré.
Les armes, transportées par le camion du camp de concentration de Tsiganes de Montreuil-Bellay, furent entreposées dans des caves à champignons de Jules Raimbault, à la sortie du Puy-Notre-Dame, et chez Eugène Deschamps, à Montreuil.
Les arrestations en septembre et octobre 1943
La première arrestation eut lieu le 17 septembre au soir : celle du chef du réseau. Puis, le lendemain matin très tôt, ce fut celle de Jean Renard, sous-directeur du camp et chef de la section de Montreuil/Doué du réseau. Puis ce furent celles des principaux acteurs – les hommes chez qui avaient été cachées les armes, le chauffeur du camion, et les gendarmes qui avaient surveillé les routes le soir du 13 juillet. Enfin, dans la nuit du 8 au 9 octobre, furent interceptés les autres membres. Rares furent ceux qui avaient réussi à s’enfuir avant. Préciser ici que les gendarmes furent pour la plupart libérés peu après leur arrestation. Pierre Letort, chef de la brigade de Montreuil-Bellay avait réussi à s'enfuir avant les arrestations ; Altève Boissée, 50 ans, chef de la brigade de Doué-la-Fontaine, arrêté, a disparu dans les camps nazis.
Que s’était-il passé pour que ce réseau, en même temps que les autres, fût démantelé ? Au cours de l’été, le responsable national des réseaux Buckmaster, installé dans la région bordelaise, avait été localisé par la Gestapo qui avait deviné que son métier d’agent d’assurance n’était qu’une couverture. Une perquisition à son domicile permit de découvrir une liste d’assurés qu’il fut facile d’identifier comme étant les chefs des réseaux départementaux. Ces derniers furent identifiés, surveillés et tous arrêtés le 17 septembre au soir. La suite est facile à comprendre…
Pour les Angevins, ce fut la prison du Pré-Poigeon, à Angers puis, fin décembre et début janvier 1944, la déportation dans les camps allemands où la plupart disparurent.
Tant pis pour les vaincus, ces héros morts deux fois
La mort de Jules Raimbault fut particulièrement dramatique pour sa famille. Au début des années 1990, j’ai rencontré sa fille, Jeannine, épouse Sauvêtre. Elle m’a dit qu’été 1945, après la fin du conflit armé, deux hommes s’étaient présentés chez eux pour annoncer que leur époux et père allait bientôt rentrer. Ils se sont invités tous les deux à manger et je leur ai donné des provisions et des champignons, m’a-t-elle confié. Ils ont profité de notre douleur pour nous tromper. Jules Raimbault était mort depuis le 15 juillet.
Le savaient-ils ???
Pourquoi toutes ces incertitudes, ces mensonges, ces rumeurs dans le Montreuillais jusqu’à la fin des années 1990, et même encore aujourd’hui si, dans la presse on s’interroge sur les sources controversées des dénonciations ?
Parce que, au cours des mois et des années qui sont suivi, on ne parla pas de ces réseaux Buckmaster, ces réseaux anglais que de Gaulle n’aimait pas particulièrement, ces derniers recrutant en France des hommes que lui-même aurait préféré voir rejoindre ses troupes Outre-Manche.
JEUDI 7 MAI 2026
LE PUY NOTRE DAME/VAUDELNAY
Appel des pompiers
